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01 mai 2005
Le péage de Londres : une solution à la congestion des centres-ville ?
Voulu par le maire de Londres Ken Levingston, ce péage est le fruit d’un pari risqué : diminuer de 15% la congestion du centre-ville par une mesure hautement dissuasive. Quels étaient les bénéfices prévus par une telle mesure ? Le projet prévoyait une réduction de 20 à 30% des temps de parcours, ce qui aurait permis, selon le maire, un bienfait non négligeable pour l’économie de Londres, en facilitant le transport des biens et services. De même, les transports collectifs devaient y gagner en efficacité. Le péage aurait aussi permis de percevoir des recettes généreuses, restituées dans des actions améliorant l’usage des transports collectifs. Enfin, les émissions de gaz carbonique auraient été diminuées. Voyons concrètement le fonctionnement du système.
Ouvert le 17 février 2003, le péage fonctionne en semaine entre 7h et 18h30. La zone de péage couvre une surface de 21 km², et on totalise quelques 174 points d’entrée et de sortie. La ceinture de péage use d’une technologie avancée. Il était impensable en effet d’installer des centaines de barrières de péage : c’est pourquoi 700 caméras numériques ont été mises en place et enregistrent des plaques d’immatriculation à chaque entrée de voiture. Le coût d’installation s’est révélé être de 11 millions de dollars. Le système semble être performant, avec un taux de reconnaissance de l’ordre de 85%. Pour payer le montant du péage, les londoniens ont le choix entre le paiement sur Internet, par messages SMS, par téléphone ou à des guichets. Le tarif est dissuasif et le coût des amendes élevé.
Au bout de six mois, on comptait environ 60.000 véhicules par jour en moins dans la zone de péage. Transport for London estime que 20 à 30 % de ces véhicules circulent maintenant autour de la zone ; que 50 à 60 % des passagers de ces véhicules utilisent les transports publics et que 15 à 25 % de ces passagers font du covoiturage, utilisent des deux-roues, circulent hors des heures payantes ou ont réduit leur nombre de trajets dans la zone de péage. De plus, le retard moyen causé par les embouteillages a diminué de 30%. Concernant l’efficacité des transports collectifs, des améliorations notables ont été enregistrées : le nombre de passagers des autobus a augmenté de près de 10%, les retards dus au trafic ont diminué de 50%, la vitesse des autobus lors des heures de congestion a augmenté de 15% ! En moyenne, 110 000 automobilistes acquittent la taxe chaque jour et 165 000 amendes sont infligées chaque mois aux fraudeurs. Au final, les recettes perçues sont moins importantes que prévues, en raison notamment d’une réduction du trafic plus importante que celle envisagée. De plus, l’amélioration ne serait pas uniquement due à l'introduction du péage (baisse de l'activité économique et du tourisme...). Aussi, le projet est accusé par certains de privilégier les riches qui eux, peuvent s’acquitter de la taxe. Néanmoins, le maire rappela dernièrement que près de 70% des londoniens étaient convaincus que le système mis en place est efficace pour lutter contre le trafic.
On peut voir le résultat en direct sur ces 2 web-cams : le Parlement et Trafalgar Square.
Urbablog, 1er mai 2005
Sources :
INERIS
TRANSPORT POUR LONDRES
14:55 Publié dans Mobilités urbaines | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note






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