02 mai 2005
Voiture et obésité infantile
Les modes de vie actuels concourent à accroître l’obésité chez les jeunes. Ce n’est un secret pour personne, et c’est même devenu aux États-Unis un problème sanitaire majeur, plus encore que le tabagisme ! Mais il suffit de se pencher sur les chiffres du Canada pour se rendre compte qu’il n’y a pas qu'aux États-Unis que le fléau s’abat : en moins de vingt ans, le niveau d’obésité chez les 7-13 ans a presque doublé, et il est toujours en augmentation !
Le facteur principal tient à une mauvaise alimentation. Mais n’y a-t-il pas d’autres facteurs qui concourent à accroître le poids des enfants ? Le Centre pour un transport durable s’est penché sur la question et a émis l’hypothèse que l’utilisation de la voiture pour le déplacement des enfants était parmi les principaux facteurs d’obésité. En effet, les moyens de transport actifs traditionnellement utilisés par les enfants (la marche, le vélo, l’autobus scolaire, le transport en commun) sont en régression face à la voiture. Or, tous ces moyens permettent un exercice physique quotidien, même l’autobus ou le transport en commun du fait que les enfants doivent se déplacer un minimum à pied pour se rendre aux arrêts. Si la voiture s’impose, c’est moins d’activité physique et c’est un poids corporel qui s’accroît. Ce n’est donc pas un hasard si ce sont dans les municipalités de banlieue que l’on observe le plus de cas d’obésité, c’est-à-dire là où l’usage de la voiture est le plus fréquent.
Il s’agit de réagir pour redonner aux transports actifs toute leur place afin de rendre les déplacements des enfants plus sain. D’autant plus que l’obésité n’est pas le seul effet secondaire à l’utilisation de la voiture : ainsi le smog peut-être à l’origine de crises d’asthme, et, contrairement aux idées reçues, la pollution dans la voiture est très importante (la teneur en monoxyde de carbone peut-être dix fois supérieure à l’intérieur des voitures qu’aux abords des routes) ce qui peut entraîner des maladies respiratoires.
Les mesures à prendre sont de deux ordres pour inverser la tendance. Il s’agit d’une part de prendre en compte le besoin des enfants dans l’aménagement du territoire et la planification des transports, il s’agit d’autre part de sensibiliser les parents au problème. Entreprendre de telles actions, c’est en tirer un certain nombre de bénéfices :
* une augmentation du niveau d’activité physique chez les jeunes et enfants
* un mode de vie plus sain pour toute la famille
* une diminution de la circulation automobile autour des écoles
* des rues et voisinages plus sécuritaires et calmes
* une amélioration de la qualité de l’air
Pour mettre en place ces actions, l’organisme fédéral canadien "Vert l’action", en partenariat avec l’association cycliste canadienne et d’autres partenaires provinciaux du Canada, a entrepris depuis 1994 des efforts pour encourager l’inclusion de vois cyclables et d’installations piétonnes. Pour rendre plus sécuritaire le trajet vers l’école et ainsi favoriser le transport actif, le programme fédéral ARASPÉ (Aller-retour actif et sécuritaire pour l’école) a été mis sur pied, il organise par ailleurs une opération d’envergure internationale auxquelles participent nombre de municipalités canadiennes : la journée internationale “Marchons vers l’école”, qui vise à promouvoir la marche comme moyen de déplacement vers l’école.
Lutter contre l’utilisation abusive de la voiture, c’est veiller à la santé des enfants en plus de respecter l’héritage environnemental qu’on leur lègue.

URBAblog, 2 mai 2005
11:05 Publié dans Mobilités urbaines | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note





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