04 mai 2005
Qu'est-ce que la périurbanisation à la française ?
Tout d’abord, il faut se poser la question de ce que l’on nomme le périurbain. Le périurbain, c’est en quelque sorte la troisième couronne de la ville.
La première, c’est la ville-centre avec son cœur historique et ses anciennes banlieues ouvrières, la deuxième est celle des grands ensembles nés des Trente et des zones pavillonaires d'après-guerre, et la troisième est constituée d’un habitat dispersé, dilué dans l’espace rural, et qui ne cesse de croître : c’est la périurbanisation.
Ce sont de nouvelles périphéries, développées à partir des années 1970, et dont l’habitat est composé de lotissements et de maisons éparses. L’INSEE s’est dotée d’une définition officielle du périurbain : c’est l’ensemble des communes dont plus de 40% des actifs vont travailler dans le pôle urbain, c’est-à-dire la ville-centre et ses banlieues proches.
Ces espaces connaissent aujourd’hui la plus forte croissance démographique face aux autres types d’espaces, bien supérieure à la ville-centre. Comment l’expliquer ?
La première raison souvent évoquée, c’est la recherche d’un environnement naturel : s’installer au sein de l’espace rural serait propice à l’épanouissement de la famille tout en profitant de la proximité de l’emploi.
La deuxième raison, c’est la volonté d’accéder à la propriété, synonyme d’ascension sociale, grâce à des prix du foncier plus accessibles que dans la ville dense. Ces choix ont été favorisés par le développement de la voiture et par des infrastructures de transports voulues par les autorités publiques (plus de 40% des ménages périurbains possèdent deux voitures selon l’INSEE). Ces mêmes autorités publiques ont aussi joué en faveur de ce mouvement de croissance périphérique par l’octroi d’aides à l’accession à la propriété (d’ailleurs, le plan Borloo avec ses « maisons discount » semble suivre cette lignée, pourtant ralentie ces dernières années).
Autre raison plus subjective, celle de la recherche de l’entre-soi évoquée par Jacques Lévy : « Le périurbain, c’est la recherche de l’écart : refus de la diversité et quête de l’entre-soi ».
Toutes ces raisons semblent indiquer que les populations périurbaines ont choisi leur localisation. Mais ce choix a pu être contraint : on retrouve dans le périurbain une majorité d’ouvriers et d’employés qui n’ont pu accéder à la propriété dans la ville-centre, faute d’un coût du foncier élevé. Ces mêmes populations n’ont pas souhaité non plus s’installer dans la banlieue proche, à proximité des quartiers sensibles.
Cette périurbanisation à la française, avec son habitat dispersé, n’est pas sans conséquences sur l’environnement et la cohésion sociale.
URBAblog, Matthieu Remblière, le 4 mai 2005
10:15 Publié dans Urbanisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Urbanisme






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