21 mai 2005
Comment réduire les déplacements en voiture générés par une entreprise ? C’est l’objectif des PDE (Plans de Déplacements Entreprise)
L’échelon de l’entreprise* revêt une importance toute particulière afin d’agir pour des déplacements urbains plus durables. L’entreprise urbaine génère en effet des déplacements réguliers et quotidiens, ceux que l’on nomme « migrations alternantes » et qui peuvent représenter jusqu’à 90% des déplacements urbains en heure de pointe et où l’usage de la voiture est sur-représenté.
Développé depuis longtemps dans certains pays, notamment aux État-Unis dès les années 1980 avec les TMA (Transportation Management Associations), le « management » de la mobilité (ou gestion de la mobilité) à l’échelle d’une entreprise a pour objectif de réduire l’utilisation de la voiture dans la répartition modale des déplacements domicile-travail. Les actions possibles se situent traditionnellement au niveau de la marche, du vélo, du covoiturage et des transports collectifs. Il s’agit aussi d’agir sur la demande par une politique de communication interne efficace. C’est une démarche intégrée à la réalité du terrain : ce principe d’intégration passe généralement par une élaboration en trois phases que sont le diagnostic (enquête auprès des employés, étude de l’accessibilité de l’entreprise par les divers modes de transports…), la définition d’un plan d’actions et la mise en place des actions.
En France, le principe de gestion de la mobilité de l’entreprise a été inauguré avec la loi SRU qui incite fortement à ce type de démarches via les Plans de Déplacements Entreprises (PDE) et les Plans de Déplacements Administrations (PDA). L’article 96-6 de la loi affirme ainsi qu’il faut « Encourager les entreprises et les collectivités publiques à établir un plan de mobilité et à favoriser le transport de leur personnel, notamment par l’utilisation des transports en commun et du covoiturage ». L’article 113 ajoute qu’il faut aussi « Créer des “agences de mobilité” pour les usagers en concertation avec les acteurs de la ville ». C’est l’ADEME qui porte ces projets par un soutien technique et financier, en partenariat avec les initiateurs du projet. Les expériences françaises sont néanmoins encore rares, mais tendent à se développer.
Les avantages procurés par la mise en place de PDE vont bien au-delà de la simple réduction de l’usage de la voiture. L’entreprise y gagne en termes de diminution des coûts (stationnement…) et de valorisation de son image. Les salariés gagnent du temps dans leurs trajets et réduisent leurs frais de transport et enfin, la collectivité y gagne en améliorant la sécurité et la qualité de vie dans les quartiers.
Au Québec, ces initiatives existent aussi. On trouve à Montréal des agences de mobilité, appelées Centres de Gestion des Déplacements (CGD), qui ont pour objectif de faire le lien entre l’entreprise et les autorités organisatrices de transports dans le but de promouvoir les alternatives de transports à l’utilisation de la voiture individuelle. Le PDE montréalais se nomme Allégo, il est soutenu par l’AMT. J’en reparlerai plus abondamment au cours de l’été, car c’est précisément dans un CGD (du nom de Voyagez-Futé) que se déroulera mon stage de fin d’études.
* Le mot « entreprise » est à entendre dans son sens le plus large: il peut s’agir d’entreprises privées ou publiques, de collectivités locales, d’administrations, d’établissements scolaires, hospitaliers, de tout établissement ou organisation dont l’activité entraîne des déplacements pour ses propres salariés et/ou pour des visiteurs extérieurs.
URBAblog, le 21 mai 2005
17:45 Publié dans Mobilités urbaines | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Urbanisme





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