24 avril 2009

La crise économique est née de la financiarisation de la ville

C'est en tout cas ce que Saskia Sassen affirme dans l'édition du Monde datée du 24 avril 2009. Pour la sociologue de la ville, "la crise des subprimes est la conséquence directe de la financiarisation de la ville" aux Etats-Unis. En créant des produits financiers complexes à partir de prêts immobiliers afin d'en extraire le peu de richesse des ménages modestes, les financiers ont en réalité enclenché un "mécanisme destructeur pour la ville : des millions de logements sont désormais abandonnés". C'est donc aussi la ville qui subit de plein fouet cette crise, et surtout les villes globales qui sont "l'infrastructure vivante de la finance mondiale et de l'économie globale".

Pour illustrer le propos, la chercheuse indique ainsi que New-York, la ville globale par excellence, a subi une chute de 10 milliards de dollars de son produit municipal brut en 2008. Une nouvelle forme de quartier déshérité apparaît alors autour des grandes villes américaines : les "villes de tentes", qui accueillent des sans-abris issus des classes moyennes. Elle affirme enfin que "le meilleur moyen de dynamiser nos villes, c'est de les convertir au développement durable", soit un modèle de développement permettant d'en finir avec le modèle spéculatif et sa vision du profit à court terme. Il faut cesser de construire par pure spéculation, et réinventer le partenariat public-privé pour développer la ville selon les besoins réels de ses usagers.

 

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Ville tente dans l'ombre des gratte-ciels de Sacramento
(source : Flickr)

Commentaires

Tout comme la série Desesperate Housewives commence par un suicide, l’effondrement du marché immobilier et la chute libre de ménages sans parachutes dorés, marque en réalité le début d’une introspection dans la société américaine, où l‘on découvre que la crise financière ne peut être réduite à une histoire de subprimes et de ménages abusés mais qu’un projet politique et idéologique en porte également la grande responsabilité. Mais cette histoire là est-elle moins « politically correct » ? « Tous propriétaires », même les ménages les plus modestes. Sur la base de leur patrimoine estimé, combien de ménages ont-ils pourtant cru à leur ascension sociale, née de cette richesse virtuelle, se laissant séduire par de nouveaux crédits?
En réalité, le « tous propriétaires », comme la politique monétaire qui lui fut associée aux Etats-Unis, a participé de la volonté néo-conservatrice de régénérer le rêve américain et de détruire, avec un succès relatif, le rapport salarial classique, et la conception d’une société de classes structurée sur ce rapport, pour lui substituer un monde régi par le droit de propriété. http://www.labetiseeconomique.wordpress.com

Ecrit par : bêtise économique | 03 mai 2009

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