07 mai 2005
Les conséquences sociales d’une périurbanisation incontrôlée
Nous avons vu dans les précédentes notes ce qu’était la périurbanisation, et les conséquences environnementales qu’elle engendrait. Des conséquences sur la cohésion sociale sont aussi à déplorer.
L’espace périurbain concentre une majorité d’ouvriers et d’employés qui n’ont pu accéder à un logement dans la ville-centre. Et pour cause, le prix du mètre carré dans le centre a explosé ces dernières années. De surcroît, les logements sociaux se raréfient et l’on assiste à des scènes de spéculation sans noms : pour profiter de l’envolée de la valeur foncière à Paris, certains propriétaires d’immeubles n’hésitent pas à découper leurs bâtiments en petits appartements pour les vendre, ce qui exclu les anciens locataires qui ne peuvent plus payer (on espère que la proposition de loi du parti socialiste interdisant ce type de pratiques passera). Dans ce contexte, les ménages aux revenus modestes n’ont guère le choix de s’éloigner du centre pour accéder à la propriété, et c’est pourquoi le périurbain s’apparente de plus en plus à une couronne des revenus modestes. Une nouvelle géographie de la ségrégation urbaine se dessine donc, avec au centre les plus aisés et à la périphérie les revenus modestes qui sont aussi à la périphérie du dynamisme urbain.
Si l’accès à la propriété dans le périurbain est souvent synonyme d’ascension sociale pour les revenus modestes, il n’en est rien, bien au contraire. D’abord, ces populations n’ont pas le choix de s’endetter pour faire construire ou réhabiliter. C’est ainsi que les lotissements bas de gamme concentrent des ménages surrendettés, car bien souvent touchés par le chômage. De plus, la dynamique d’exclusion de ces espaces est d’autant plus vive que les ménages ne peuvent pas toujours assumés un coût du transport élevé pour rejoindre les zones d’emploi. La dépendance à la voiture du périurbain est donc aussi synonyme d’exclusion sociale. Enfin, lorsque les enfants des ménages périurbains arrivent en âge de l’adolescence et à un besoin d’autonomie, celui-ci peut difficilement être comblé du fait de l’éloignement du centre et de ses lieux de socialisation, et de leur dépendance aux adultes pour se déplacer.
La conséquence de cette dynamique, c’est le sentiment d’exclusion et d’oubli de la part des ménages modestes périurbains qui abouti à un vote massif pour les extrêmes (FN, Lutte Ouvrière…). En effet, le vote d’extrême droite est toujours plus fort dans la couronne périphérique d’une agglomération que dans son centre.
C’est pourquoi on peut s’interroger sur les chances de réussite d’une mixité sociale, tant prônée par les politiques de tous bords. Nous y reviendrons dans une prochaine note.
L’espace périurbain concentre une majorité d’ouvriers et d’employés qui n’ont pu accéder à un logement dans la ville-centre. Et pour cause, le prix du mètre carré dans le centre a explosé ces dernières années. De surcroît, les logements sociaux se raréfient et l’on assiste à des scènes de spéculation sans noms : pour profiter de l’envolée de la valeur foncière à Paris, certains propriétaires d’immeubles n’hésitent pas à découper leurs bâtiments en petits appartements pour les vendre, ce qui exclu les anciens locataires qui ne peuvent plus payer (on espère que la proposition de loi du parti socialiste interdisant ce type de pratiques passera). Dans ce contexte, les ménages aux revenus modestes n’ont guère le choix de s’éloigner du centre pour accéder à la propriété, et c’est pourquoi le périurbain s’apparente de plus en plus à une couronne des revenus modestes. Une nouvelle géographie de la ségrégation urbaine se dessine donc, avec au centre les plus aisés et à la périphérie les revenus modestes qui sont aussi à la périphérie du dynamisme urbain.
Si l’accès à la propriété dans le périurbain est souvent synonyme d’ascension sociale pour les revenus modestes, il n’en est rien, bien au contraire. D’abord, ces populations n’ont pas le choix de s’endetter pour faire construire ou réhabiliter. C’est ainsi que les lotissements bas de gamme concentrent des ménages surrendettés, car bien souvent touchés par le chômage. De plus, la dynamique d’exclusion de ces espaces est d’autant plus vive que les ménages ne peuvent pas toujours assumés un coût du transport élevé pour rejoindre les zones d’emploi. La dépendance à la voiture du périurbain est donc aussi synonyme d’exclusion sociale. Enfin, lorsque les enfants des ménages périurbains arrivent en âge de l’adolescence et à un besoin d’autonomie, celui-ci peut difficilement être comblé du fait de l’éloignement du centre et de ses lieux de socialisation, et de leur dépendance aux adultes pour se déplacer.
La conséquence de cette dynamique, c’est le sentiment d’exclusion et d’oubli de la part des ménages modestes périurbains qui abouti à un vote massif pour les extrêmes (FN, Lutte Ouvrière…). En effet, le vote d’extrême droite est toujours plus fort dans la couronne périphérique d’une agglomération que dans son centre.
C’est pourquoi on peut s’interroger sur les chances de réussite d’une mixité sociale, tant prônée par les politiques de tous bords. Nous y reviendrons dans une prochaine note.
URBAblog, le 7 mai 2005
Références :
LÉVY Jacques (2003), Périurbain : le choix n’est pas neutre, Pouvoirs Locaux, Num. 56, pp. 35-42.
GUILLY C. et NOYÉ C. (2004), Atlas des nouvelles fractures sociales en France, Éditions Autrement, 63p.
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