07 juin 2007

Vers la ville durable : exemple du quartier des 2 Lions à Tours

Située au cœur d’une aire urbaine de près de 370 000 habitants, bénéficiant d’une position géographique très avantageuse grâce à une accessibilité de grande qualité, Tours est une métropole de l’Ouest dynamique et très attractive. Elle illustre en cela le phénomène de la métropolisation, en attirant les hommes et les activités, au risque d’une extension spatiale incontrôlée avec toutes les conséquences négatives que l’on connaît.

 

L’avantage de Tours, c’est de bénéficier de grandes réserves foncières au cœur même de l’agglomération lui permettant d’accroître son offre d’habitat au centre tout en évitant une périurbanisation excessive. Ces réserves sont situées sur les bords du Cher : une bien mauvaise idée me direz vous… Sauf que la municipalité n’a jamais hésité à employer les grands moyens pour se prémunir du risque d’inondation. En témoigne le chantier pharaonique des années 1960, sous l’impulsion du maire Jean Royer, qui a consisté à détouner le Cher et à l’élargir, tout en surélevant les berges. Il s’agissait à l’époque du plus grand chantier européen ! Et c’est bien ce type d’opération qui s’est poursuivi jusqu’à aujourd’hui pour accroître l’offre foncière, et permettre la création d’un quartier d’un genre nouveau.
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Ce quartier a été dénommé le « quartier des 2 Lions ». En réalité, l’ambition initiale, en 1985, était de développer une zone d’activité pour entreprises high-tech : nous étions alors dans la vague des technopôles… C’est à l’occasion du changement de majorité municipale en 1995, avec l’arrivée de Jean Germain aux commandes, que la philosophie du projet va s’en trouver modifiée, et bonifiée ! De zone d’activité, le projet a muté vers la création d’un véritable quartier à vivre inspiré par l’approche de la ville durable. Comment ces principes ont-ils été appliqués ? Pour quels résultats ?

 

Tout d’abord, un petit tour par Google maps permet d’en apprécier la situation géographique : Visualisation du quartier des 2 Lions. Le quartier couvre une surface de 70ha : il est délimité au nord par le Cher, à l’est par le Lac de la Bergonnerie, à l’ouest par un parc et au sud par un coteau.medium_Plan-2-Lions.3.gif

Source : ToursPlus le mag, num 11, 2005

 

 Plan détaillé : carte de la SET

 

 

 

Trois grands principes de développement ont prévalu : la mixité, le développement durable, et la priorité accordée à l’espace public. Ces principes ont été mis en œuvre par une gouvernance stable, avec Alain Goudeau, l’adjoint au maire chargé de coordonner les différents acteurs du projet depuis 1995.

 

Un mot d’ordre : la mixité

 
Le principe de mixité fut un des principes fondateurs. Mais de quelle mixité parlons-nous ? Mixité des fonctions tout d’abord, qui rompt avec le zoning : habitats, pôle économique, pôle récréatif et université cohabitent dans un même espace. Aujourd’hui, le quartier compte 1200 logements, et près de 2200 travailleurs et 5500 étudiants se côtoient. En 2008, c’est aussi un vaste centre commercial qui verra le jour. Mixité des formes urbaines ensuite : le parti pris fut de multiplier les architectes afin d’offrir de multiples identités urbaines, voire différentes ambiances de quartier. La chose est particulièrement vraie pour l’architecture des habitations aux volumes variés : ainsi, des petites maisons « norvégiennes » se déploient le long du Cher, vêtues de bois coloré, qui contrastent avec des petits immeubles faits de briques et maçonneries. medium_IMG_2049.jpg

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La place du développement durable

Le développement durable est  mis de l’avant à travers divers aménagements. D’abord d’un point de vue paysager : un effort particulier a été fait pour intégrer les végétaux au quartier, ce qui est renforcé par les initiatives des propriétaires de jardins. Aussi, un projet baptisé « Maison-blanches » va voir le jour : au milieu de deux rangées d’immeubles d’habitations, une rivière artificielle coulera sur 150m, en ayant pour but de traiter naturellement les eaux de pluie. Les habitations répondront aux normes HQE, grâce à un effort réalisé en matière d’économies d’énergies. En matière de mobilité, le quartier est irrigué par un réseau de pistes cyclables de qualité et devrait accueillir, en 2001, le futur tramway. Aussi, une navette fluviale a été mise en place pour assurer les déplacements entre les deux berges.

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Priorité à l’espace public

L’espace public a été traité afin de favoriser l’urbanité, la convivialité et maximiser la fluidité entre les espaces. Ainsi, l’espace piétonnier tient une place majeure : un réseau de petites allées structure le quartier, et une rambla va bientôt être aménagée à l’image de celle de Barcelone. Aussi, pour relier le quartier au reste de la ville, une passerelle suspendue enjambe le Cher pour laisser passer cyclistes et piétons. Enfin, le mobilier urbain a été choisi avec soin afin d’assurer une cohérence identitaire au quartier.

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En 2012, le quartier devrait être achevé. Le grand centre commercial en construction permettra alors de compléter l’offre de services du quartier et d’en faire un véritable quartier urbain, pas comme les autres…

URBAblog  juin 2007 

 

 Références

Page de la Société d'équipement de la Touraine

Dossier de la Nouvelle République 

TALPIN Jean-Jacques, "Tours : les deux lions s'éveillent", Traits urbains, Num. 11, nov-déc. 2006, pp. 26-29.